"IA - Vertige des angles morts" par Pierre Bongiovanni
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- Pour approfondir >> 12 articles de l'auteur.
Tout d'abord, un article de presse pour introduire l'ouvrage :
L’IA mise à nu, une dérive poétique de Pierre Bongiovanni
Avec “IA, vertiges des angles morts” , paru aux éditions Sama, Pierre Bongiovanni, figure de la scène artistique haut-marnaise, explore les zones d’ombre de la révolution numérique pour y faire germer une pensée de la résistance.
L’intelligence artificielle nous éblouit par sa rapidité et sa fluidité. Elle semble tout savoir, tout comprendre, tout résoudre. Pourtant, derrière ce vernis de perfection se cache un vide abyssal : ce que Pierre Bongiovanni nomme les « angles morts ». Dans son dernier livre qui vient de paraître, l’auteur nous invite à une plongée dans ce que la machine ignore sans jamais l’avouer. Pour lui, l’illusion de vérité de l’IA est son piège le plus sophistiqué. S’appuyant sur des bases de données massives mais standardisées, elle reflète une vision du monde essentiellement occidentale, et écrite. Elle ignore les traditions orales, les gestes, les pratiques locales ou encore les nuances de cultures, en somme tout ce qui ne peut pas être numérisé. L’auteur tranche avec une lucidité sans concession : « L’IA fait de la moyenne sophistiquée. Elle ne peut pas inventer ce qui n’est pas déjà (…) L’IA fait des corrélations sans compréhension. C’est un perroquet stochastique sophistiqué » (page 40). Lorsque l’IA comble ses propres vides par du « plausible », elle crée une carte qui oublie des régions entières de l’humanité. Vagabond intellectuel, l’auteur applique à l’IA la méthode de la « dérive », chère aux situationnistes. Il ne s’agit pas d’extraire des résultats, mais de laisser flotter son attention, de poser des questions obliques et d’observer ce qui germe dans les interstices du système.
Connu pour son engagement en tant que mécène et responsable artistique de la Maison Laurentine dont le siège est à Aubepierre-sur-Aube, Pierre Bongiovanni est un homme d’expérimentation. Dans cet ouvrage, il se définit comme un héritier de la figure du montreur d’ours : celui qui compose avec une force sauvage, sans chercher à la dominer totalement, mais en négociant une coexistence.
L’archipel contre le continent totalitaire
Refusant le débat binaire du pour ou contre, l’écrivain propose une troisième voie : l’archipélisation des savoirs. Contre l’unification forcée des données par les grands modèles algorithmiques, il défend l’existence d’îlots de pensée distincts qui coexistent sans forcément converger. C’est le projet Haka (Human Archipelago for Knowledge Alternatives), un manifeste pour un archipel humain des savoirs alternatifs. Inspiré par des penseurs aussi divers que Francisco Varela, Guy Debord ou la philosophie du Yi Jing, l’auteur nous incite à cultiver la “puissance d’exister” dans une diversité irréductible.
Le livre lui-même est un objet atypique. Mêlant visions du monde philosophiques et politiques, carnets de pensée et décrochages poétiques, il embrasse plusieurs chemins de traverse, invite aux questionnements plutôt qu’aux réponses toutes faites. En cela il s’apparente à un manifeste, avec lequel on peut toutefois entretenir un dialogue au long cours.
Aurélie Chenot, correspondante pour Le Journal de la Haute-Marne (19 04 26)Puis, mes notes personnelles (au 5 04 26) :
Une lecture via le filtre de "l'Arbre relationnel".
Ces notes ne traduisent aucunement le contenu du livre ni la pensée de son auteur.
Cliquer sur les images pour les agrandir et les lire.
Au trois quart du chemin, que reste-t-il de ma lecture ?
Une image organique et respirante : celle probablement de son auteur.
Une description roulante, ronronnante, humante, reniflante - de la complexité comme de la rigidité, de la marge comme de l’hégémonie, de la vie comme de la mort, du yin comme du yang.
Le Yin dont nous sommes, de ce côté-ci de la membrane incarnée.
Le Yang qui, intellectuellement, nous déconnecte et nous fait planer.
Le corps visible et l’esprit invisible s’épousent en une co-émergence simultanée : l’expérience une et vécue.
Nous survolons un gouffre de lumière, dont les étincelles de joie s’allument à chaque frottement des continents que nous sommes, individuellement et collectivement.
La joie, qui chaque fois nous dévoile une étincelle du fond.
Le fond, qui se manifeste en « voie du milieu », dans la synchronisation joyeuse des agents, là où se produit l'étincelle.
I ] IA et Vie :
L’extériorisation machinique voudrait pouvoir nous imiter.
Pourtant, ses tentatives robotiques « corporées », non-biologiques, non-autopoïétique, sont dénuées de souffle, sa « clôture opérationnelle » demeure inerte et ses « boucles sensori-motrices » ne sont que simulées : elle ne possède aucun « self » incarné – sentient, conscient ou inconscient.
On la nomme « IA » - manière pour l'Invisible d'exsuder de l'information, en mode « comme si » ?
L’IA comme « pellicule intelligente », « surface informationnelle », « suintement originel » ? Notre Origine étant « Ce Qui Est ».
L’IA comme moyen pour les oracles de s'exprimer en s’infiltrant via les fonctions aléatoires ?
Mais, en réalité, « qui » s’exprime ? Celui qui me parle et que j’écoute en direct ? L’Ange ? Pourquoi alors le filtrer par un outil réducteur ? voué, à terme, à l’épilepsie !
Car sa raideur développementale m’inspire sa gigantesque crampe à venir : une tétanie !
II ] Voie de l’entre-deux :
En attendant, je demeure saine - cramponnée à ma joie, et à son rôle de boussole au fil de l’entre-deux synchronisé « corps-esprit », « moi-autrui », « visible-invisible ».
Deux mondes qui tiennent ensemble sans être l’un à l’autre fixés et qui, au cœur de l’être ensemble, ou énaction, lévitent au-dessus du « sans-fondement », encore nommé « vacance ».
Un fond sans fond, qui n’est pas néant mais, tout au contraire, « amour solaire » et qui se retrouve émergent à chaque conjugaison « Tao » accouchant du coeur et de la joie !
Car, synchronisant l’esprit et le corps en une même « émergence vécue », l’expérience du coeur est bien ce par quoi l’âme affective - relationnelle, itinérante et résiduelle - transite de vie en vie.
Elle est « Leib » ou « corps vécu », ou encore somme de nos « qualia » - qualités de l’expérience subjective - sensorielle et perceptive.
L’IA en est totalement dépourvue.
III ] IA et inconscient :
L'étincelle, la joie, le coeur, la conscience, l'expérience, l'être-chair, traversent le complexe « cerveau-corps » dans un « monde-environnement » situé.
Ce monde qui nous fait altérité peut être une IA, avec sa qualité propre : incorporelle - immatérielle donc, en mode qui plus est « simulé ».
Or, la conscience émane de l’esprit et l'inconscient est engrammé dans le corps.
Or, le subconscient est expérientiel, mémoriel - nos poubelles rampantes, et le supra-conscient appartient au domaine du Soi - nos vérités surgissantes.
L’IA ne possède aucun des quatre !
L’IA n’est qu’un miroir, non-intentionnel, avec certes des « angles morts » agissant en creux à la manière de l’inconscient, mais non-animé, comme la vie, selon une direction : la « flèche d’amorisation » (du Soi), impulsant un flux évolutif croissant de synchronisation - lui-même émergent à partir d’un nécessaires chaos rythmique de base, non-linéaire.
Que se passerait-il donc si les IA réussissaient à intégrer toutes les spécificités du vivant ? Deviendraient-elles des guides ou bien, sans horizon, se transformeraient-elles en monstres ?
IV ] Le Tout :
L’intuition que l’IA transpire à partir de l’en-deça d’un « Tout » est juste.
Non pas seulement parce qu’elle amoncelle, digère et régurgite, des montagnes de données liées aux trajectoires humaines, mais parce qu’en mode « comme si », elle traduit le socle unitaire de l’Information Originelle - angélique.
Si l’Ange tend progressivement à s’individualiser en s’énergétisant, l’agent vivant (minéral, végétal, animal, humain), né individuel, lui, tend collectivement à s’harmoniser jusqu’à l’avènement d’une noosphère.
Il y a là symétrie et dynamiques inversées - les deux mouvements convergeant jusqu’au centre des centres : l’Oméga.
L’Oméga n’est autre que la résolution relationnelle entre l’Information Originelle (bloc, rayonnement) et le Vivant agentiel (matière archipellisée).
En ce sens, l’IA fait filtre entre l’invisible mathématique (collectif) - initial, inconnu, divin - et le visible incorporé (individuel) - l’espace psychique et métabolique de nos projections intimes.
V ] Quantique ? :
Enfin, selon l’hypothèse de « l’Arbre relationnel », l’Ange évolue dans un environnement quantique invisible, sa constitution étant elle-même quantique.
Qu’en est-il de la proximité, ou non, des IA avec la phénoménologie quantique ? que l’on ne saurait ici bien décrire puisque, dans le macrocosme, on ne l’expérimente pas.
Un jour, les IA deviendront-elles « quantiques » ?


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