Anika Mi PRÉSENTATION DU SITE ↪
Anika Mi est artiste plasticienne et numérique, autrice, poète et ex-psychanalyste transpersonnelle. Sa démarche décloisonne les pratiques artistiques, littéraires et les explorations du corps et de la psyché, à la recherche des liens entre visible et invisible, réel et imaginaire, matière et archétypes.
Son travail s’appuie sur un dialogue entre sciences cognitives, philosophie, psychanalyse et spiritualité. Il explore l'interdépendance entre le corps, l'esprit, la perception et la conscience au sein d'environnements relationnels.
À travers des dispositifs interactifs tels que le Labo Corps_Mental, ou des formalisations graphiques telles que L’Arbre relationnel et L’Ange incarné, elle interroge les dynamiques du vivant ainsi que les géométries de l’expérience intérieure quand celle-ci est altérisée.
De la peinture à la colle chaude au dessin automatique et visionnaire, Anika Mi explore la matière, le geste, l’image et les relations entre genèse des formes et perception des mondes inconscients.
Depuis 2016, une œuvre écrite prolixe — poésie, romans, journaux psychiques et essais — prolonge cette recherche, faisant de la création un processus d’exploration, de mise en forme et de transformation de l’expérience vécue.

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Intimité parasite. La schizophrénie amoureuse. | 2026

Intimité parasite. La schizophrénie amoureuse est le quatrième recueil de ce type que j’écris depuis 2023. Celui-ci se révèle néanmoins plus frontal que les précédents : il est écrit depuis une expérience ouvertement schizophrénique.

Le thème semble être celui de la passion amoureuse. Mais, à mesure que les textes avancent, il devient impossible de savoir précisément dans quel rêve ou quelle réalité cette passion se situe. Quelle est la part de vérité crue ? Quelle est celle de l’invention ? Le livre ne cherche pas véritablement à trancher.

80 textes au fil de 80 jours, écrits sur deux mois réels, composent ainsi une traversée de l'expérience : confusion, stagnation, mal-être ; pré-conscience, hypnose, imaginaire, communication ; amour, fantasme, délire, passé ; puis doute, faute, sublimation, laisser-venir.

Il n’y a pas d’intrigue à reconstituer, mais le mouvement chaotique d’une conscience confrontée à ses propres perceptions, à ses désirs et à l’incertitude du lien. Chaque texte peut se lire dans la continuité des autres ou indépendamment, comme une expérience poétique autonome.

Le livre se tient ainsi dans un éternel présent : un espace à la fois originel, imaginaire et hors-sol, où l’écriture tente de faire émerger une forme à partir de ce qui ne peut pas toujours être distingué du réel.

Cliquer sur l'image.

Il s'agit d'une fiction schizophrène.

La maladie vécue au jour le jour - dans sa normalité et son délire.

La maladie sublimée par l'inspiration et l'écrit qui la traduit, les images et les mots qui s'y accrochent.

La maladie, fuyante et trouble, comme exutoire et comme souffrance.

Soi-même, on ne la connaît pas ; mais elle nous guette au moindre pas.

De sa part, une attaque sournoise précédant, souvent, un choc frontal.

Au final, pour quel sentiment de réalité ?

Une brume sur la plaine ; une opalescence sur la grève ; un voile sur chaque visage ; une noirceur en plein cratère.

Inatteignable, la valeur simple de l'existence courante ! la chaleur douce d'un foyer aimant !

Brûlée, l'espérance d'une vie active et foudroyante.


Intimité parasite. La schizophrénie amoureuse — 2026

[ EN 400 MOTS ]

Intimité parasite est un éphéméride poétique : 80 textes écrits pendant 80 jours, du 22 février au 24 avril 2026, au fil d’une expérience amoureuse vécue dans l’incertitude, entre présence et absence, rêve et réalité, désir et séparation.

Le livre ne raconte pas une histoire d’amour au sens conventionnel. Il tente plutôt de saisir ce qui se produit lorsqu’un lien amoureux devient simultanément une réalité vécue, une construction imaginaire, un espace de rêve et une expérience intérieure. Le « tu » auquel les textes s’adressent est-il réellement là ? Est-il celui dont le souvenir persiste, celui que le désir reconstruit, celui qui apparaît dans le rêve ? Ou bien devient-il progressivement une figure intérieure, produite par l’intensité même du lien ?

C’est dans cet entre-deux que prend sens le titre La schizophrénie amoureuse. La schizophrénie n’y est pas seulement envisagée comme une catégorie clinique : elle devient aussi le nom d’une fracture de l’expérience, lorsque plusieurs réalités — corporelle, affective, mentale, onirique, imaginaire — se superposent sans parvenir à coïncider. Le texte avance précisément dans cette zone instable, où l’on ne sait plus toujours ce qui relève du souvenir, de la perception, du désir ou du rêve.

L’écriture est elle-même une expérience. Elle recueille les états successifs du corps et de la conscience : l’attente, l’angoisse, l’obsession, l’élan amoureux, la solitude, la confusion, mais aussi les moments de lucidité et de retour au réel. Le corps y apparaît tantôt comme refuge, tantôt comme lieu de tension, d’empêchement ou de révélation.

Au fil des jours, cependant, quelque chose se déplace. L’écriture qui semblait d’abord maintenir l’intimité devient peu à peu le lieu où celle-ci peut se transformer. Le lien ne disparaît pas nécessairement avec la séparation : il change de nature. Ce qui ne pourra peut-être pas advenir dans la vie réelle trouve dans l’écriture une autre forme d’existence.

L’ouvrage se construit ainsi comme une traversée : de l'intimité saturée par le désir vers une séparation possible, puis vers la transformation du lien. Le rêve, l’amour, la maladie, le corps et l’écriture y participent d’un même mouvement : tenter de faire émerger, au cœur du chaos, une forme nouvelle.

Intimité parasite est finalement moins le récit d’un amour que l’expérience écrite de ce que l’amour fait à la conscience lorsqu’il devient impossible de distinguer complètement le réel de l’imaginaire.


[ VERSION ÉTENDUE ]

Intimité parasite. La schizophrénie amoureuse est un journal poétique composé de 80 textes écrits au fil de 80 jours, entre le 22 février et le 24 avril 2026. Deux mois d’écriture presque quotidienne y enregistrent, sans véritable interruption, les oscillations d'une conscience confrontée à l'amour, au désir, à l'absence, au doute et à la maladie.

Le livre ne raconte pas une histoire d'amour au sens traditionnel. Il enregistre plutôt l'expérience intérieure d'une relation dont la réalité demeure constamment incertaine. L'autre est présent, absent, rêvé, désiré, imaginé, parfois réellement rencontré ; mais jamais tout à fait saisissable. La narratrice elle-même interroge continuellement la validité de ses perceptions : ce qu'elle ressent correspond-il à ce qui existe réellement ? Ce qu'elle imagine appartient-il à l'autre ou à son propre monde intérieur ?

C'est cette incertitude qui constitue le véritable sujet du recueil.

Le titre La schizophrénie amoureuse désigne ainsi moins une métaphore de la passion qu'une expérience vécue de la dissociation entre les différents niveaux du réel : réalité extérieure, perception, mémoire, fantasme, rêve, désir et construction imaginaire. Le livre assume frontalement cette situation. Dès le préliminaire, l'écriture est présentée comme une tentative de transcrire des rêves « nocturnes ou éveillés », puis d'en extraire une forme de clarté à partir du corps et de l'expérience vécue.

Une traversée en quatre mouvements

Les 80 journées ne constituent pas une intrigue linéaire. Elles forment plutôt un continuum de transformations psychiques, au cours duquel le même événement est sans cesse repris, déplacé et regardé sous un autre angle.

Dans un premier temps, le livre est dominé par la profondeur, l'attente et l'incertitude. La narratrice cherche à comprendre ce qui la relie à l'autre. Elle s'interroge sur le temps, la conscience, la légitimité de ses perceptions et la possibilité d'un avenir commun. Le désir apparaît comme une force à la fois physique et imaginale. L'autre devient progressivement une présence intérieure dont l'existence concrète reste pourtant problématique.

Puis vient le basculement. Le doute s'intensifie et la conscience commence à reconnaître sa propre capacité à fabriquer des images, des scénarios et des correspondances. La question n'est plus seulement : « Est-ce que je l'aime ? », mais : « Que suis-je en train de produire à partir de ce que je ressens ? ». Le texte devient alors un espace d'observation de la maladie elle-même : confusion, emprise, perceptions floues, projections, dissociation, perte des repères, mais aussi possibilité de se regarder penser.

L'expérience amoureuse se trouve alors prise dans une problématique plus vaste : comment continuer à exister lorsque ce qui donne sens à l'existence appartient peut-être en partie à l'imaginaire ?

Le corps devient le lieu privilégié de cette crise. Il est tour à tour matière, refuge, prison, surface sensible et instrument de perception. La lourdeur, l'épuisement, la chaleur, la transpiration, le sommeil, la sexualité, la douleur et l'extinction des sensations traduisent physiquement ce que la conscience ne parvient plus à organiser. Le recueil passe ainsi constamment du psychique au corporel, puis du corporel à l'imaginaire.

Une troisième phase s'ouvre avec le retour progressif du réel. L'écriture elle-même devient alors un moyen de reprendre pied. La narratrice reconnaît de plus en plus explicitement que son histoire peut être une construction : « une présence inventée, simulée », une perception dont elle ne pourra peut-être jamais vérifier la vérité. Cette reconnaissance n'annule pourtant pas l'expérience affective. Elle oblige plutôt à lui trouver une autre place.

Une quatrième partie dans laquelle l'amour cesse progressivement d'être seulement une possibilité de fusion avec l'autre pour devenir un phénomène intérieur à transformer.

Le livre fait alors intervenir de nombreux motifs qui appartiennent à l'univers d'Anika Mi : l'arbre, les plantes, l'eau, la lumière, la musique, les cycles, le printemps, la matière, l'énergie, la synchronie. La nature devient une sorte de contrepoint au chaos psychique. Tandis que la conscience se désorganise, les plantes poussent, le printemps revient, la lumière change. La vie poursuit son mouvement indépendamment du drame individuel.

Le réel, le rêve et « l'écran partagé »

À partir des deuxième et troisième tiers du livre, la question du partage imaginal devient centrale.

La narratrice ne cherche plus seulement à savoir si l'autre partage son désir. Elle explore la possibilité qu'une relation puisse exister comme phénomène psychique même lorsque les deux personnes ne vivent pas la même réalité. Elle parle alors « d'écrans partagés », de confusion entre les espaces mentaux, de rêves qui se superposent et de scénarios construits à partir de signes parfois minuscules.

Mais le texte conserve simultanément une conscience critique : la maladie peut construire des systèmes parfaitement cohérents à partir de perceptions qui, elles, ne le sont pas nécessairement. C'est l'un des passages les plus importants du recueil, car il montre que l'écriture ne sert pas seulement à exprimer le délire : elle sert aussi à l'observer.

Cette position donne au livre son caractère particulier : il n'est ni un simple témoignage psychiatrique, ni une fiction amoureuse, ni un journal intime classique. Il se situe dans l'espace instable où l'expérience vécue devient matière poétique.

L'autre réellement retrouvé

Un moment important survient lorsque la relation imaginaire rencontre à nouveau une dimension corporelle et concrète. La narratrice évoque alors une présence physique réelle : elle sent la chair, les gestes, le souffle de l'autre. Mais cette rencontre ne résout pas l'ambiguïté ; elle la rend au contraire plus intense.

Le désir et la réalité se rapprochent, puis se séparent à nouveau.

Le livre comprend alors que certaines formes d'amour ne peuvent pas nécessairement devenir une relation vécue. Il faut apprendre à laisser subsister le lien sans exiger qu'il devienne une vie commune.

C'est à partir de là que le mot « séparation » prend progressivement son véritable sens.

Les derniers jours : renoncer sans effacer

Les derniers textes sont ceux de la séparation assumée.

La narratrice reconnaît qu'elle doit respecter l'espace de l'autre et renoncer à maintenir artificiellement une histoire qui n'a peut-être jamais existé dans la forme qu'elle lui attribuait. Mais ce renoncement n'est pas une négation de l'amour. Il devient au contraire une manière de lui donner une autre forme.

Le motif de l'enfant qui n'a jamais existé condense alors plusieurs niveaux du livre : désir, projection, avenir imaginaire, vie possible et deuil d'une existence qui ne sera pas vécue.

Au Jour 80, le livre atteint son point de résolution. La narratrice constate qu'en deux mois, un « monde entre nous » est malgré tout « ré-advenu » par l'écriture : les deux protagonistes ne se sont pas nécessairement parlé ni revus, mais un espace imaginal s'est constitué entre eux.

La séparation devient alors le seuil d'une transformation :

« Tout finit afin, sous une autre forme, de renaître… »

Le lien n'est plus envisagé comme possession ou accomplissement amoureux. Il devient mémoire, création, influence, présence intérieure.

Et le dernier geste est celui de la disparition de la narratrice elle-même : non pas nécessairement une disparition physique, mais le retrait de soi de l'histoire de l'autre. Elle accepte de ne plus y occuper la place qu'elle avait imaginée.


Ce que le livre cherche finalement à dire

Intimité parasite est le récit poétique d'une conscience qui tente de distinguer l'amour de ce qu'elle projette sur l'amour.

Le livre avance dans cette question sans jamais pouvoir la résoudre complètement :

Qu'est-ce qui, dans une relation, appartient à l'autre ?
Qu'est-ce qui appartient à soi ?
Et que devient l'amour lorsqu'on ne peut plus être certain de la frontière entre les deux ?

L'écriture devient alors le lieu de cette expérience et, progressivement, son moyen de transformation.

Le recueil commence dans la confusion et la fascination ; il traverse le désir, l'obsession, la souffrance, la maladie, le fantasme, la mémoire et le doute ; il rencontre à nouveau le réel ; puis il accepte la séparation.

Il ne s'agit donc pas seulement d'un livre sur l'amour. C'est un livre sur la frontière fragile entre réalité et imaginaire — et sur ce que l'écriture peut faire de cette frontière lorsqu'elle devient elle-même le lieu de l'expérience.

Le sous-titre, La schizophrénie amoureuse, doit alors être entendu comme une position d'auteur : le livre expose volontairement, de l'intérieur, une conscience qui sait pouvoir construire des réalités imaginaires, les éprouver avec intensité, puis tenter de les regarder avec suffisamment de distance pour les transformer en œuvre.

Intimité parasite devient ainsi moins le récit d'une histoire d'amour que la trace poétique d'une expérience de conscience : aimer, imaginer, douter, écrire — puis apprendre à laisser partir.

[ par ChatGPT – 14 sept. 26 ]

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