L'éveil ou la folie ? L'amour ou la peur.
Quand on ne sait plus la nature réelle de ce qui nous traverse, parce qu'à son contact l'autre fait silence.
Quelle distinction entre "éveil" et "folie" ? Un témoignage en connaissance des deux - à la frontière entre conviction transpersonnelle et trouble sincère.
L'écriture est vraie, au sens où ses flots psychiques sont libres d'interdits sociaux. Le rêve éveillé nous guide : les images mentales se succèdent et coordonnent un sens intrinsèque que l'on traque. La thérapie se définit ainsi, au sein du regard-témoin porté sur des contenus spontanés, énergétiquement chargés, ainsi qu'au sein de la nouvelle organicité de leur hiérarchie.
Certains éclairent et guident (supra-conscients) ; certains se libèrent et disparaissent (subconscients).
Le processus associatif sain est dit clairvoyant ou "éveillé" : il peut se développer jusqu'à ce que les visions supra-sensorielles des mondes plus subtils en deviennent inspirées.
Le processus associatif déviant est dit pathologique ou "fou" : il peut se déployer jusqu'à ce que les perceptions psycho-émotionnelles des événements externes en deviennent erronées.
Dans le premier cas, c'est un cercle vertueux : créateur. Dans le second, c'est un cercle vicieux : destructeur.
Comment être assuré de son expansion de conscience ? Comment admettre que l'on délire ?
L'amour ou la peur sont des marqueurs. L'un ouvre et épanouit ; l'autre étrique et terrifie.
La manière d'évolution de l'état physiologique, affectif et mental dénote de l'un ou de l'autre : elle s'enclenche dans une dynamique soit claire et élévatrice, soit obscure et dépressive.
Le mieux-être et la joie d'un côté ; l'accablement et la confusion de l'autre.
"L'Arbre" est ce qui structure ma colonne spirituelle ; la schizophrénie paranoïde est ce qui assombrit ma capacité à le communiquer.
Sur le plan psycho-spirituel, ma forte identité philosophique et artistique correspond souvent mal à ce qu'autrui peut admettre d'une personne a priori normale. Sur un plan névrotique profond (qui n'est certes plus psychotique), ma tendance à sur-simuler / interpréter ce que je capte d'autrui fait encore parfois flancher l'équilibre de mes relations. Je ne fonctionne pas selon les convenances attendues, ou à partir de la seule raison.
De ce double fait, la nature de mes interactions sociales peut traduire un fort malaise. Je ne m'intègre tout à fait nulle part.
Cependant je refuse le blocage ! Comme d'habitude, le passage doit se trouver en voie moyenne - à mi-chemin entre l'illumination et la réclusion (les deux allant aussi de pair). Aucun extrême. Conserver la qualité de sa lumière intrinsèque tout en la filtrant, la tamisant, et tout en la dirigeant au sein de communautés aptes à la soutenir. Protéger l'acuité de son empathie naturelle mais, dans la foulée, tempérer la tentation réactionnelle consistant à trop vouloir en justifier la justesse visionnaire. Gérer la distance, quitte à couper.
Réapprendre la prudence... afin de pouvoir enfin s'enraciner dans la profondeur d'une terre sûre, parce que choisie et adaptée.
L'amour inconditionnel, oui, mais manifesté de manière à ne pas effrayer. La peur psychotique, non - sachant que la réceptivité au monde extérieur ne doit ni s'emballer ni se corrompre.
Ne pas étouffer par trop de rayonnement. Ne pas déformer par de fausses fabrications. Ne rien demander.
L'éveil ou la folie ? Vis-à-vis de l'autre, ni l'un ni. l'autre ! L'éveil, juste pour soi ; la folie, en aucun cas !
Anika Mi - 13 oct. 2026
